Ensemble Gli Incogniti - Vivaldi - MCFA Marche-en-Famenne - Vendredi 11 octobre 20h30

© Sechet

Les Quatre Saisons et autres concertos de A. VIVALDI (1678-1741)

par l'ensemble Gli Incogniti, sous la direction d'Amandine Beyer

Vendredi 11 octobre à 20h30

Maison de la culture Famenne-Ardenne, Chaussée de l'Ourthe 74, 6900 Marche-en-Famenne

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Le programme du concert

Sinfonia en ut majeur de L'Olimpiade RV 725 - Allegro • Andante • Allegro

Concerto pour violoncelle en la mineur RV 421 - Allegro non troppo • Largo • Allegro

“La primavera” Concerto Op. 8 no 1 en mi majeur RV 269 - Allegro • Largo • Allegro

“L’estate” Concerto Op. 8 no 2 en sol mineur RV 315 - Allegro non molto • Adagio • Presto

“L’autunno” Concerto Op. 8 no 3 en fa majeur RV 293 - Allegro • Adagio molto • Allegro

“L’inverno” Concerto Op. 8 no 4 en fa mineur RV 297 - Allegro non molto • Largo • Allegro ⬆︎


© Honorato

GLI INCOGNITI

Amandine Beyer, violon solo et direction
Alba Roca, Yoko Kawakubo, violons
Marta Páramo, alto
Marco Ceccato, violoncelle
Baldomero Barciela, violone
Francesco Romano, théorbe
Anna Fontana, clavecin. ⬆︎


Présentation des œuvres

Le connu et “l’incognito” dans la musique de Vivaldi.

S’il y a bien une œuvre beaucoup jouée en concert, c’est sans doute les Quatre Saisons de Vivaldi. Depuis la redécouverte de ce compositeur dans les années 1930, cette partition est devenue l'emblème de sa production, et a connu de nombreuses versions, dans des esthétiques diverses et variées, parfois opposées. En effet, les Quatre Saisons sont connues, très connues ! A ce titre, elles jouissent d’un privilège incroyable, celui d’être rentrées dans le club très select de l’imaginaire collectif, de par la puissance des images évoquées en musique. Cependant, ce cycle de concertos a souvent été méprisé à cause de son aspect programmatique, interprété comme un indice de faiblesse dans la composition et le discours. Mais c’est justement ce programme qui pousse l’imagination de Vivaldi à créer les concertos les plus originaux de son œuvre et même de toute la fin de la période baroque. De par leur structure, aucun de ces quatre concertos ne ressemble à un autre concerto du compositeur.

Toujours surprenant, toujours imaginatif, Vivaldi pousse la technique du violon et la forme du concerto au-delà de leurs limites habituelles pour arriver à un résultat inédit jusqu’alors. Cette originalité nous oblige finalement à nous libérer de certaines habitudes interprétatives, à trouver des solutions techniques et musicales à même d'exprimer le fond de la pensée de Vivaldi, passant bien sûr par le prisme de notre propre imagination et subjectivité. Comment faire (et ce n'est pas une blague !) pour qu’un alto se métamorphose en chien ou pour que deux violons deviennent un duo de mouches agaçantes ? Avec quel type d’“arpeggio” un clavecin peut-il évoquer la profondeur tourmentée du sommeil d’un ivrogne ? Quel est le meilleur tempo pour faire sonner les bariolages du violoncelle comme le crépitement du feu au coin d'une cheminée accueillante ? Vous pourrez entendre les réponses à ces quelques questions, fruits de nos expérimentations, et bien d’autres, dans notre version de ce chef d'œuvre visionnaire.

Cependant, pour n’importe quelle œuvre et paradoxalement même pour les Quatre saisons, il faut établir un texte de base, ce qui entraine un certain nombre de décisions parfois épineuses. Prenant comme référence la version imprimée en 1725 par LeCène, nous avons également consulté une source souvent négligée, “le manuscrit de Manchester”. Ce dernier nous offre des variantes très intéressantes, en particulier au niveau des articulations, de certaines couleurs chromatiques et harmoniques inhabituelles, apportant un nouvel éclairage à certains passages.

Parallèlement à ces nouveautés dans le texte même, la redécouverte du contexte de l’écriture de cette œuvre nous a paru particulièrement intéressante. La création des Quatre Saisons a eu lieu à Mantova aux alentours des années 1720, vraisemblablement par un ensemble de solistes virtuoses. Ceux-ci interprétaient sûrement de manière très souple la grande liberté rythmique, caractéristique de l’écriture fantasiosa de Vivaldi. Légèreté de l’effectif et liberté dans le phrasé, cela nous semblait une combinaison parfaite que nous avons tenté d’adopter...

En miroir avec les Quatre Saisons, l’œuvre la plus emblématique du Prete rosso (Prêtre roux), nous présentons deux œuvres bien moins connues du compositeur mais qui présentent les mêmes traits de génie. De la force surprenante de la symphonie de l’Olympiade au lyrisme profond du concerto pour violoncelle, nous retrouvons encore une fois la facilité de Vivaldi pour exprimer toutes les passions de l’âme.

Amandine Beyer et Baldomero Barciela ⬆︎